Il y a un peu moins d’un an, une mise à jour de Windows 10 cassait mon PC. Une histoire de partition /boot effacée pour y foutre la merde de l’update. J’aurais pu réparer ça à la main, mais j’attendais ce moment pour me sortir les doigts du derch’ et faire du ménage sur mon disque. J’en ai profité pour installer Arch Linux. Pour la suite, le choix de l’environnement importe peu, mais le sentiment qui en résulte est particulièrement important à mes yeux.

Arch est une distro où tout se fait à la main, ou presque. Contrairement à Manjaro – qui est basée dessus – faut pas avoir peur de mettre les mains dans le cambouis. Pas d’installateur, pas d’environnement de bureau, pas de logiciels utilisables directement, c’est clairement pas du prêt-à-cliquer.

J’ai passé un nombre d’heures à configurer tout ça, de l’interface graphique (i3wm) aux logiciels, en passant par les notifications, les raccourcis clavier, la liste est longue. Et j’en passe encore un paquet à ajouter un truc par ici, modifier une config par là, etc. Les critiques me diront que je suis complètement con, que y’a pas besoin de se faire chier à ce point, qu’il existe des tas de distro bien plus facile à installer.

Sauf que…

Quand on emménage quelque part, on commence toujours par déballer ses cartons, sortir ses affaires, accrocher un poster au mur, mettre des babioles sur les murs. Et puis le temps passe. On fait le ménage de temps en temps, même si c’est pas toujours agréable, on déplace les meubles, refait la déco, on adapte son chez-soi à son mode de vie, on essaie de se rendre la vie plus agréable.

C’est ce qui fait qu’on se sent chez soi.

On ne pourra jamais se sentir chez soi dans une chambre d’hôtel. Parce qu’on a pas le droit d’y faire ce que l’on veut. Parce que quelqu’un passe sans nous demander notre avis. Parce qu’on est sujet au bon vouloir de notre hôte.

Ben le numérique c’est pareil.

Je pense que son PC perso, son téléphone, tous les appareils devraient être un chez nous. J’ai finalement réinstallé Windows en dual-boot sur mon PC – oui, y’a encore des jeux qui ont du mal sous Linux. Alors j’utilise les deux en alternance.

Mais clairement, y’a un endroit où je me sens chez moi. Un endroit où quand je veux mettre à jour le système, je le mets à jour. Quand je ne veux pas, je ne le fais pas. Quand je veux changer ma manière de travailler, je la change. Quand la déco ne me convient pas, je la modifie. Quand un outil qui tourne en fond me dérange, je le coupe. Bref, je suis chez moi. Et j’en arrive à des petits instants de bonheur. Vous savez, ceux où on se dit qu’on a bien fait de passer du temps à bouger les meubles, parce que bordel, le résultat en vaut vraiment la peine.

J’aimerais que tout le monde se construise un chez-soi numérique, un environnement où ses actions sont voulues, contrôlées. S’approprier l’environnement dans lequel on évolue. Ne pas subir les caprices d’un tiers.

Bref, se sentir chez soi.